Porno us : le x coupable de tous les maux selon Reagan
Temps de réaction : Reagan contre X
Le tour du monde du cinéma porno : les Etats-Unis
Les années 1970 constituent l’âge d’or du cinéma X. Mais après cet âge d’or du porno, les années Reagan seront celles de son âge de glace…
Le point culminant
Les années 1970 constituent l’âge d’or du cinéma X. Porté par la vague de la libération sexuelle initiée sur la Côté Ouest avec le « Summer of Love » de 1967, il va durant plusieurs années bénéficier de l’intérêt de plus en plus important du public. C’est ainsi qu’en 1977-1978, plus de la moitié des films tournés aux Etats-Unis sont des films porno. Mais les autorités, elles, ne voient pas cet enthousiasme d’un si bon œil.
Dès son arrivée à la présidence en 1981, le conservateur Ronald Reagan va ainsi demander au Congrès la mise sur pieds d’une Commission dont la mission était la mise au clair des effets pervers de la pornographie. Soigneusement sélectionnés sur base de leur antipathie vis-à-vis du porno, les membres de la Commission vont unanimement voter un rapport le décrivant comme la source de tous les crimes et de toutes les déviances. Si un grand éclat de rire va accueillir la publication de ce rapport téléphoné, il sera toutefois révélateur d’un changement de climat.
Nouvelle prohibition

Après l’âge d’or du porno, les années 80 seront celles de son âge de glace. Sommé de retourner dans les ténèbres dont il n’aurait jamais dû sortir, il [le porno] a quitté les affiches des salles de cinéma pour s’intéresser au marché émergent de la vidéo. Mais avec ce nouveau marché, ce sont les standards professionnels qui vont également changer : on ne filme pas en vidéo comme on filme en 16 ou 35mm. Pour les amateurs, ce passage a la vidéo sera fatal. Mais pour d’autres, il sera aussi l’occasion de nouvelles expérimentations.
C’est ainsi que John Stagliano, à la fin des années 80, lance la série des Buttman qui va inaugurer le genre du gonzo : caméra à la main, climat réaliste, sexe cru.
Laurent De Sutter

