Porno scandinave : le cinéma x Suédois
La Suède invente la nudité
Le tour du monde du cinéma porno : la scandivanie
Plus il fait froid dehors, plus il fait chaud à l’intérieur ? Ce cliché a longtemps accompagné l’imaginaire érotique attaché à la Scandinavie. Mais la vérité est tout autre : c’est celle d’un rapport décomplexé au corps – et d’un rapport protestant au profit. Inventeurs du porno, les Scandinaves restent ainsi, encore aujourd’hui, parmi les plus grands producteurs. Bienvenue sur les terres de Berth Milton Jr., patron de la toute-puissante Private.
Au début des années 50, deux films suédois créent le scandale. C’est d’abord, en 1951, Elle n’a dansé qu’un seul été de Arne Mattson ; et c’est ensuite, en 1953, Monika de Ingmar Bergman. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, la nudité s’étale à l’écran sans souffrir le moindre voile ni le moindre commentaire moralisateur.
Reconnaissance critique
En France, la vision de Harriett Andersson se promenant nue dans une nature accueillante suscite bien sûr l’ire des tartuffes – et l’éloge immédiat de jeunes turcs comme Jean-Luc Godard. Pour ce dernier, Harriett Andersson représente en effet le futur du cinéma : un cinéma enfin débarrassé des pudibonderies bourgeoises que le cinéma de la « qualité française » (Christian Jacque, Claude Autant-Lara, etc.) mettait alors abondamment en scène.
Mais pour le reste du monde, Elle n’a dansé qu’un seul été et Monika constituent plutôt le moment inaugural d’une mythologie scandinave faite de nudité facile, de filles blondes et généreuses, et de retour à la nature. C’est ainsi que vont se multiplier tout au long des années 50, et notamment aux Etats-Unis, doubles et falsifications qui exploiteront jusqu’à la lie les thèmes de cette mythologie émergente.
Laurent De Sutter


