Cinéma(s) porno en scandinavie, le cinéma x à l'écran
Private : père et fils
Le tour du monde du cinéma porno : la scandivanie
Lancée dans le cinéma depuis 1992 seulement, la société Private, dirigée désormais par Berth Milton Jr., le fils du fondateur, est très vite devenue le numéro 1 mondial de la pornographie. En 1999, elle devenait même la première entreprise de divertissement pour adultes à faire l’objet d’une cotation au Nasdaq.
Mais est-ce encore de la pornographie scandinave ? Dans les productions Private, les filles viennent de l’Est, les studios se trouvent à Budapest et les réalisateurs sont français (Pierre Woodman, Jean-Yves Lecastel) ou italiens (Antonio Adamo, Alessandro del Mar). L’âge d’or qui avait vu Copenhague jouer brièvement le rôle de capitale mondiale du porno est bel et bien révolu. Désormais les productions locales – qu’il s’agisse de celles réalisées sous le manteau en Norvège, ou de celles réalisées plus ouvertement au Danemark ou en Finlande – ne sont elles aussi plus que consommées localement.
Retour au cinéma avec un x
La seule exception à cette situation est celle de Lars Von Trier. En 1998, il ouvrait une filiale de sa société de production Zentropa. Cette filiale, nommée d’abord Puzzy Power, puis Sextropa, puis encore Innocent Picture, avait pour vocation de réaliser des films pornographiques conformes aux principes d’un « Dogma » cul : scénarios crédibles, sexe justifié et pratiques excluant toute forme de violence (notamment : pas d’éjaculation faciale). Une poignée de films ont été tournés suivant ces principes – mais Innocent Picture est aujourd’hui silencieuse.
Laurent De Sutter


