Les rapports entre pornographie et criminalité en Russie

Fièvre moscovite

Tour du monde du cinéma porno : la Russie

La criminalité et les manipulations politiques décrédibilisent une pornographie russe sous tension permanente.

Même en-dehors de la pornographie infantile, le monde du X russe ne dédaigne pas les scandales et les investigations policières. C’est ainsi, par exemple, que la jeune starlette Elena Berkova, devenue célèbre après son passage dans l’émission de télé-réalité Dom 2 sur la très branchée chaîne TNT, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête policière pour escroquerie : elle aurait usé de sa plastique et de sa réputation pour faire croire à des gogos venus d’Occident qu’elle était disposée à les épouser contre une forte somme d’argent s’ils venaient la chercher en Russie. Sur place, ils se voyaient proposer une autre femme en lieu et place de Berkova. La multiplication de plaintes, venues notamment des USA, a forcé les autorités russes à agir.

Sex is politics

Elena Berkova

Autre exemple : en août 2005 commençait le tournage de Yulia, un film X parodiant les relations entre la première ministre ukrainienne Yulia Tymoshenko et le président géorgien Mikhail Saakashvili. Le réalisateur du film n’était autre que Alexei Mitrofanov, membre de la Douma, le parlement russe. Lorsqu’on s’en est aperçu, le scandale a bien évidemment été considérable. Pressentie pour y jouer le rôle principal, Elena Berkova elle-même a finalement décidé de décliner l’offre.

« Hors les murs » se trouve le vrai porno russe

Cela signifie-t-il qu’entre scandale, prostitution et pédophilie l’univers du porno russe est incapable de fournir autre chose qu’un théâtre à activités criminelles ? La réponse est simple : les vrais professionnels du X russe préfèrent travailler avec les grosses entreprises d’Amérique ou d’Europe occidentale. En Russie comme ailleurs, ceux qui tiennent le haut du pavé s’appellent encore et toujours Private, Vivid ou Penthouse.

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Laurent De Sutter