Porno en Europe de l'Est : libéralisation et industrie du x
Le charme discret du capitalisme
Tour du monde du cinéma porno : l'Europe de l'Est
Susceptible de satisfaire l'appétit de clients malmenés par le passé communiste, l'industrie du X s'est développée sur les ruines d'une société déçue par les promesses non tenues du libéralisme.

Le désenchantement
Avec la chute du communisme à la fin des années 1980 et au début des années 1990, les choses vont changer en profondeur. Les mesures que les Etats communistes mettaient en œuvre dans le domaine de la sexualité et de la reproduction, comme d’ailleurs dans tous les autres domaines, vont soudainement s’avérer constituer des gouffres financiers impossibles à maîtriser. Pour assurer leur entrée dans le monde du marché libre, la plupart des Pays de l’Est vont donc recentrer leurs priorités sur le développement de l’activité économique.
Pour les populations, c’est le désenchantement. Le rêve occidental semble se métamorphoser en cauchemar : ce qui auparavant était disponible pour rien doit désormais être payé.
La « nouvelle économie »

Pour nouer les deux bouts, de nombreux ménages se lancent dans des seconds, voire des troisièmes boulots. C’est dans ce climat que la pornographie refait son apparition. Au début des années 1990, les spécialistes du casting X commencent à s’installer en masse à Budapest. L’abondance de très belles filles avides d’argent supplémentaire constitue un filon qu’ils auraient tort de ne pas exploiter. Très vite, toutes les sociétés de production d’Europe ouvrent un bureau dans la capitale hongroise, quand elle ne s’y installent pas carrément. La venue des industriels du porno est à cette époque facilitée par le fait que la transition du communisme au libéralisme s’est opérée sous les auspices d’un assouplissement considérable des lois. Mises à part quelques réserves aisément gérables, il fait bon travailler en Hongrie.
Dès 1991, Playboy sort ainsi le premier numéro de son édition hongroise, vite suivi par le magazine autrichien OKM. Les hongrois eux-mêmes ne sont pas en reste : sur les étals des kiosques à journaux, les titres locaux se multiplient : Erotik Extra, Teenage Sex, Tutti Frutti Party, Appollo, ou Sexy. Une trentaine de titres majeurs se partagent l’appétit de clients que quarante ans de communisme a avivé.
Interrogées à ce sujet, les hongroises répondent qu’à leur avis 30 à 50% des hommes adultes consomment régulièrement des magazines ou vidéos porno.
Laurent De Sutter

