Érotisme et pornographie : l’empire des sens
L’empire du sexe est devenu grand
Le tour du monde du cinéma porno : le Japon
En 1975, l’Empire des sens est le premier film japonais à braver publiquement la censure qui s’oppose à toute représentation explicite de rapports sexuels au cinéma.
Oshima brave la censure
En 1975, Nagisa Oshima sort, avec l’aide d’un producteur français, un film qui s’intitule Ai no Corrida. Devenu rapidement un immense succès de scandale, cet Empire des sens (vous l’aviez reconnu) est aussi le premier film japonais à oser publiquement braver la censure qui s’oppose à toute représentation explicite de rapports sexuels au cinéma. Traîné devant les tribunaux, Oshima répondra à ceux qui l’accusent d’obscénité que cette obscénité n’existe que dans leur tête. Il gagnera son procès. Dans la foulée de L’Empire des sens, c’est tout le cinéma porno japonais qui se trouve libéré des plus importantes contraintes de censure. Désormais, la représentation des rapports sexuels est autorisée – sous réserve d’un brouillage qui masque les organes.
Panorama du fétichisme
La fin des années 70 va ainsi voir la multiplication de productions qui, tout en reprenant les thèmes hérités des Pink Eiga et des Roman Poruno, vont en repousser toujours plus loin les barrières. Ce qui définira ces films ne sera désormais plus leur rattachement à un genre traditionnel, mais leur rattachement à un type particulier de fétichisme : nymphettes, voyeurisme, sexe médical, bondage, bukkake (douches de sperme), etc.
Certains cinéastes underground comme Hysayasu Sato vont même se spécialiser dans le production de petits films tournés en format amateur et mettant en scène de véritables orgies de destruction sur des corps de femmes. Ses films vont donner lieu à l’émergence dans les années 80 des films du genre Splatter Eros dont les plus célèbres sont aujourd’hui la série des Guinea Pigs à laquelle ont même participé Takeshi Miike et l’auteur de manga d’avant-garde Hino Hideshi.
Laurent De Sutter


