Le cinéma porno au Japon : les Pink Eiga ou Pinkku
L’apparition des Pink Eiga
ou Pinkku (films roses)
Le tour du monde du cinéma porno : le Japon
Premiers succès à la télévision

En 1964, une étape supplémentaire est franchie : c’est l’apparition des Pink Eiga ou Pinkku (films roses) qui sont des super productions destinées à la télévision. Ces films qui racontent de manière allusive des histoires de jeunes filles molestées par des dentistes sadiques ou de prostituées victimes de maniaques rencontrent immédiatement un énorme succès. Le premier d’entre eux, Hakujitsumu (Daydream, rêve de jour) de Tetsuji Takechi rapporte ainsi 200 millions de yen en quinze jours – pour une mise de fonds de 17 millions de yens.
Le fait que, l’année suivante, Takechi (on l’appelle aujourd’hui le parrain du cinéma porno) fasse l’objet d’une poursuite en justice ne semble pas calmer l’ardeur des foules et des producteurs.
Au contraire : au début des années 1970, la Nikkatsu, le plus grand studio japonais de cinéma populaire, se lance à son tour dans la production en chaîne de films osés pour se sauver de la faillite. C’est l’avènement des Roman Poruno (romantiques pornos). Ces films qui mettent en scène des sévices plus intenses que ceux qui figuraient dans les Pink Eiga – mais où les coïts continuent à être simulés – constituent autant d’occasions de revisiter les grands genres de la tradition cinématographique japonaise sous un angle érotique : films de sabre, films de prison, films policier – et même comédie musicale..
Laurent De Sutter

