Porno en Inde : prostitution et filières de la pornographie indienne

Prostitution et révolution numérique

Tour du monde du cinéma porno : l'Inde

Comme souvent, les mesures d'interdiction de la pornographie ont favorisé le développement de solutions alternatives. Réseaux criminels et vente à la sauvette se sont ainsi développés malgré la censure.

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La pornographie par les chemins détournés

Victime d’une interdiction totale, le porno indien n’a pu se développer qu’en adoptant les chemins les plus secrets et les plus illégaux. Il était jusqu’il y a peu de deux types.
D’une part des films étrangers importés en contrebande et copiés sur place. D’autre part des films indigènes tournés à la va-vite avec des actrices pas forcément consentantes. Il est en effet acquis que le porno proprement indien est un cinéma qui s’est développé en étroite collaboration avec les réseaux de prostitution forcée qui gangrènent l’entièreté du territoire de la péninsule.

Les dérives de l'industrie du sexe

Un rapport de 1994 estimait qu’il existait en Inde plus de 70 000 travailleuses du sexe, dont 30% âgées de moins de 20 ans, 12% étant entrées dans la prostitution avant l’âge de 12, et plus de la moitié originaires des castes considérées comme inférieures par la Constitution indienne. Ces travailleuses du sexe forment le gros des actrices qui contribuent, le plus souvent sous la contrainte, à l’industrie indienne du X. Le reste provient des aspirantes actrices qui échouent à Bombay sans avoir réussi à pénétrer les studios de production, ou bien d’anciennes vedettes de série B tombées en disgrâce, comme Aarti Gupta, célèbre dans les années 80.

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Le numérique comme palliatif aux réseaux criminels

Mais deux importantes innovations technologiques ont bouleversé cette donne. Il s’agit tout d’abord de la mise sur le marché du VCD. Très bon marché, très facile à utiliser et très facile à diffuser, il a permis l’émergence d’une pornographie qui n’a plus besoin des filières criminelles pour se diffuser. Il en va de même avec l’Internet. Par l’intermédiaire de sites extrêmement populaires comme Desibaba.com, le porno a pénétré pour la première fois la pop culture indienne. Mais la censure n’a pas apprécié que les choses aillent si vite – et aujourd’hui Desibaba.com est une adresse morte.

Laurent De Sutter