Porno en Chine : sexe et cinéma, Bollywood et la pornographie
Bollywood s’encanaille
Tour du monde du cinéma porno : l'Inde
Alors que l'amour représente l'un des pivots du cinéma indien, les scènes sexuellement explicites sont proscrites. Pourtant peu à peu, la pornographie se montre à l'écran et révèle une réalité longtemps occultée.

De la sensualité ...
C’est dans le cinéma que les prémisses de cette révolution sexuelle se font le plus sentir. Jusqu’il y a peu, au cinéma aussi, il était considéré comme choquant de montrer ne fût-ce qu’un baiser. Mais en même temps, comme partout ailleurs, c’était l’idée de romance et de sexualité qui gouvernait l’ensemble de la production cinématographique. Simplement, elle n’était pas montrée
... à la sexualité
Depuis le début des années 1990, par contre, le cinéma indien commence à s’enhardir. C’est ainsi qu’en 1996, le film Fire de Deepa Mehta défraya la chronique parce qu’il mettait en scène un couple de femmes délaissées par leurs maris respectifs et trouvant l’amour dans les bras l’une de l’autre.
Lors de la sortie du film, des fondamentalistes islamiques attaquèrent à coups de pierres les cinémas dans lesquels le film était projeté, et parvinrent à obtenir l’interdiction, toujours en vigueur, de sa projection. Cela n’a toutefois pas empêché les exécutifs de Bollywood de continuer à produire des films de plus en plus évocateurs. Récits mythologiques, séquences de danse, ou scènes de douche (dans les films d’horreur), constituent désormais autant d’occasions de montrer des héroïnes de plus en plus dénudées, comme à la grande époque précédant le Code Hays à Hollywood.

Une réalité longtemps occultée
Aujourd’hui, le réalisateur à succès Mohit Suri fait un pas de plus : dans son blockbuster Kalyug (2005), il raconte l’histoire de Annie. Victime d’un tremblement de terre, elle est forcée d’entrer dans le monde du porno, où elle devient une star.
Dans les interviews promotionnelles qu’il a données lors de la sortie de son film, Mohit Suri précisait que celui-ci était basé sur des faits réels, qu’il avait personnellement vérifiés : dans le Nord-est de l’Inde, expliquait-il, il est courant que des femmes soient forcées de tourner dans des films pornographiques vendus ensuite à bon marché dans des pays comme le Bangladesh. Avec Kalyug, la réalité du porno indien était enfin montrée sur la place publique.
Laurent De Sutter

