Porno en Chine : que dit la loi chinoise

Le sexe, pratique à hauts risques

Tour du monde du cinéma porno : la Chine

Quelle que soit sa forme, tout ce qui est considéré comme pornographique fait en Chine l’objet d’une mesure d’illégalité. Cette illégalité est très large : elle inclut tout forme de publication qui serait considérée par le censeur comme moralement inappropriée. A ce titre, elle n’épargne pas les étrangers de passage.

Une définition toute particulière de la pornographie

Police chinoise

C’est ainsi que, jusqu’il y a peu, des fouilles à l’entrée du territoire étaient systématiquement réalisées par les autorités de douane afin de mettre la main sur les magazines, les livres ou les vidéos transportés par les visiteurs et les soumettre au censeur.
Si celui-ci les déclarait illégaux, de lourdes peines de prison pouvaient être prononcées à l’égard de ceux qui les introduisaient dans le pays. Mais ce n’était pas tout d’être prudent. Il fallait aussi savoir qu’en Chine, la Bible elle-même était considérée comme pornographique. Ou certaines formes de représentation non érotiques de peuplades minoritaires locales. D’après les définitions légales, la pornographie n’était en effet pas une question liée à la sexualité, mais uniquement à la morale : était pornographique tout ce qui était déclaré tel par les autorités.

unionistes chinois

Une pornographie à deux vitesses

Aujourd’hui, si la situation s’est assouplie pour les étrangers au point que les principales plaques tournantes de l’érotisme et de la pornographie sont désormais les hôtels pour touristes, elle demeure très lourde à vivre pour les amateurs de pornographie locaux. En effet, ceux-ci ont l’habitude de fréquenter des « chambres privées de projection » (geti luxiang yuan).
Il s’agit d’espaces légaux dans lesquels il est possible d’assister à la projection de films importés de Hong-Kong, de Taïwan ou même d’Occident. Mais très souvent, ces salles de projection passent tard le soir des films plus osés – voire même hardcore. Le prix du billet passe alors d’à peu près l’équivalent de 12 cents à l’équivalent de 1,8 euros : le prix du risque d’une descente toujours possible de la police. Ainsi, seuls les privilégiés du régime, qui bénéficient de l’autorisation de fréquenter les lieux réservés aux touristes, disposent d’un accès « sécurisé » à la pornographie ; les autres ne peuvent que les envier – ou courir leur chance.

Laurent De Sutter