Le porno anglais : le cinéma x vu de l'autre côté de la Manche

God save the brit porn !

Tour du monde du cinéma porno : l’Angleterre

Au temps où les jeunes Français se trémoussaient encore naïvement sur les tubes yé-yés, les Anglais découvraient les premiers films érotiques. Sans tollé ni censure, les softcore porn movies ont dominé la pornographie anglaise pendant plusieurs décennies. Aujourd’hui, le porno est partout au Royaume-Uni : Internet, sex-shops, bordels et strip-clubs ont pris le pli, fabriquant des rosbeefs beaucoup plus chauds qu’on ne le croit.

Jordan britannia

Des films au niveau des hanches

En 1961, un film défrayait la chronique outre-Manche. Naked as the nature intended, ou l’histoire du voyage de Pamela et Jacki au cœur du Devon and Cornwall. Un trip qui aurait pu être banal sans la découverte inopinée des joies du nudisme, initiées par les expertes Bridget et Angela. Ce film de Harrisson Marks, jeté par la critique et objet de toutes les censures, est le premier d’une longue liste de pornos sauce rosbeef. Même s’ils sont, vus d’aujourd’hui, très pudiques et s’arrêtent au niveau des hanches, ils inspirent tout un courant érotique so british, perdurant jusqu’aux années 1970. On pense aux Peeping Tom (Tom le voyeur) ou Some like it cool, de Michael Winner. Pamela Green (www) est la première star du genre, à la stature quasi mythique.

Emmanuelle à Soho

Mais cette beauté a vite lassé. Les années 70 voient apparaître les softcore porn movies, aujourd’hui raillés, qui ont néanmoins permis de libérer un peu les mœurs anglaises si puritaines. Diffusés tard le soir à la télévision ou dans les cinémas de quartier à Londres, ils bénéficient de l’Eady Levy (une taxe sur les recettes des entrées de cinéma aujourd’hui disparue) et connaissent leur heure de gloire. On a, pêle-mêle, les Confessions of a window cleaner, Come play with me, et même, un Emmanuelle in Soho et « Blanche-Neige et les sept pervers ». Les premières porn stars sont nombreuses : Mary Millington, Robin Askwith, Fiona Richmond… La liste est longue.

1 milliard de pounds par an

Soutien gorge aux couleurs du drapeau anglais

Ces films, qui succombent dans les années 80, ont le mérite de faire entrer l’érotisme dans les chaumières. La censure étant peu draconienne, seuls les films violents font l’objet d’anathèmes (on se souvient de l’affaire Orange Mécanique en 1971). Au point de faire de la pornographie l’intérêt de tous. On pense immédiatement à la célèbre page 3 du Sun (www), offrant aux yeux de ses lecteurs une paire de nichons chaque semaine. On pense à Eurotrash (www), l’émission de Channel 4 sur l’actualité du porno en Europe présentée par Antoine de Caunes. Et quand on sait que l’industrie du porno rapporte plus de £1 milliard (1,4 milliard €) chaque année… On n’est pas étonné d’apprendre que 50% des Anglais avouent avoir déjà vu un film porno avec leur conjointe et que 70% des recherches « sexe » sur Internet se font au travail.

Le positive sex

aberotica.co.uk

Et justement, Internet y est sûrement pour quelque chose. Sept millions de sites pornos, £100 millions de revenus (144,5 millions €) pour des sites où la tendance est au voyeurisme, à l’amateur, au fétichisme (la fessée devient un classique) et au bondage. La Bible (www) des sites de cul anglais vous donnera sûrement une meilleure idée.

Mais le Net porno à l’anglaise n’est qu’un symptôme d’un mal bien plus profond. Eh oui, croyez-le ou non, les Anglais sont hot ! Parfois bien plus que nous autres pauvres Frenchies. En janvier 2006, les bordels ont été autorisés à nouveau, pour la plus grande joie des amateurs. Les sex-shops ultra-kitschs de Soho sont abandonnés : aujourd’hui, de nouveaux sex-shops politically correct dominent et s’adressent même parfois exclusivement aux femmes (de quoi se fournir ici, ici, ou encore ). C’est ce qu’on appelle le positive sex.

Du sexe à l’écran

Autre tendance : le lap dance (www), une danse lascive exécutée devant vous. Si la pratique fait doucement rire par ici, elle devient un art en Angleterre. Des cours sont donnés aux femmes qui souhaitent reconquérir leurs maris. Elles s’en donnent même à cœur joie aux enterrements de vie de jeune fille, reléguant l’éternel Chippendale au placard. Archi trendy d’aller dans un strip-club avec sa copine le temps d’une soirée…

Last but not least, la télé-réalité, qui n’a pas oublié de s’y mettre également. En 2004, déjà, Private Stars suivait cinq jeunes garçons dont le rêve était de devenir acteur porno. Evalués par des expertes du sexe à l’écran, le dernier acteur amateur avait la chance de signer un contrat avec une boîte de production porno. Y a pas à dire, la sex industry a encore de beaux jours devant elle au pays de la pluie.

Faris Sanhaji